Suite à la crise bancaire, le Holding communal (HC) (qui rassemble 600 villes, communes et provinces et détient 14% du capital de Dexia, ex-crédit communal) a obtenu la garantie de l'Etat. Cette dernière vient à échéance le 30 septembre. Pour quelle soit prolongée, le HC doit augmenter ses fonds propres. Fin septembre, deux assemblées générales extraordinaires du HC sont donc convoquées pour augmenter la participation des actionnaires à hauteur de 484 millions d’euros via un double mécanisme:

  1. un apport en nature via l’échange de certificats d’actions Dexia pour des actions Holding ;
  2. un apport en numéraire via l’achat d’actions privilégiées au taux garanti de 13% sur dix ans.

Je suis très critique sur cette opération que je n'hésite pas à qualifier de jeu de dupes dans le Soir du week-end (cliquez sur l'annexe). Pour ne pas perdre ses recettes et parce que ma commune dispose de fonds propres, Auderghem participera à la recapitalisation. Mais je suis extrêmement critique :   

  • L’opération de certification (apport en nature) va faire perdre aux pouvoirs locaux des dizaines de millions en terme de patrimoine. Rien que pour Bxl, on évalue la perte bilantaire à 40 millions d’euros;
  • L’apport en cash va obliger les communes à s’endetter via des placement à risques(avec l’aval de la Région même pour les communes sous plan de redressement !) ;
  • On promet aux communes une rentabilité boursière avec un rendement à 2 chiffres (13%) de nature purement spéculative, le type de rendement qui sont en partie à l’origine de la crise financière;
  • Les communes sont placées devant un non choix puisque les nouvelles actions privilégiées vont éponger 100% du bénéfice. En clair, celui qui ne souscrit pas n’a plus aucune chance de toucher des dividendes dans les 10 ans à venir. Bref, c’est un jeu de dupes...

On ne cesse d'entendre (Di Rupo, Onkelinx, Milquet, Nollet…) des propos très durs à l’égard des banques et du monde de la finances et dans un même temps, le HC (100% public) s’inscrit dans une logique purement spéculative en proposant aux communes de s’endetter fortement en échange de rendement spéculatifs hypothétiques.

 

Autre paradoxe : quand l’Etat a « sauvé » les Banques, il y avait unanimité pour dire : « l’Etat ne restera pas actionnaire, ce n’est pas son métier ». Par contre les pouvoirs locaux sont actionnaires ad vitam d’un holding qui détient 14% d’une banque privée qu’ils ne sont absolument plus en mesure de contrôler...

 

C’est devenu d’autant plus absurde pour les communes d’être actionnaire d’une institution financière privée que tous les marchés relatifs aux services financiers tombent désormais sous le coup de la loi sur les marchés publics et sont donc mis en concurrence !

 

Voilà pourquoi il faut lancer le pavé dans la marre et préparer à terme la sortie des pouvoirs locaux de l’actionnariat de Dexia ! Ce n’est plus la vocation des communes d’être actionnaire d’une banque privée !

 

J'interpelle Charles Picqué à ce propos dès la rentrée parlementaire.