Le blog de Didier Gosuin

Coups de sang, coups de coeur

Vous trouverez ici mes billets d'humeurs qui m'ont fait réagir ces derniers temps .....

Fil des billets - Fil des commentaires

1 septembre

Ouvrons les yeux

Damien Thiéry, bourgmestre non-nommé de Linkebeek et néo député fédéral MR-FDF publie aujourd'hui dans la Libre une tribune pleine de bon sens. C'est un peu long, mais l'exercice de lecture vaut assurément la peine! Pour une lecture rapide, lisez les passages que j'ai souligné en gras.
 
 
Ouvrons les yeux!
 
Accepter ce qu’il se passe maintenant, c’est accepter de prendre des coups de bâton sans mot dire, sous prétexte qu’il vaut mieux se faire battre par son mari plutôt que d’envisager un divorce à l’amiable.

Pouvons-nous décemment, en tant que responsables politiques vivant dans une région ou le gouvernement en place bafoue régulièrement la démocratie et le droit des gens, accepter que, comme en 1963, le gouvernement fédéral impose aux habitants des communes de la périphérie, sans les consulter, une solution "négociée" dans le cadre de la réforme de l’Etat qui ne leur convient pas ?

Oser dire que nous nous dirigeons vers un chaos institutionnel si on ne trouve pas à tout prix un accord dans les plus brefs délais est erroné. Mais cette formule est porteuse médiatiquement, et politiquement, bien sûr. Souvenons-nous de la formule magique d’Elio Di Rupo lors des dernières élections régionales, "voter MR c’est aller vers un bain de sang social " C’était très fin mais très machiavélique aussi Ce qui est dangereux, c’est qu’il s’agit tout simplement d’une formule pour faire peur au peuple, le mettre au pied du mur, le déstabiliser. C’est une formule qui prévient déjà les citoyens des concessions unilatérales que les francophones auront dû faire pour sauver le pays dont le principal interlocuteur flamand ne veut plus !

Ouvrons les yeux ! Il faut une fois pour toute rouvrir le débat de l’élargissement de BXL et briser le carcan de Bruxelles en Flandre. Je rappelle que c’était la volonté de tous les présidents de partis francophones avant les élections, qu’en reste-t-il aujourd’hui? Elle avait bon dos la campagne électorale Aurait-on une fois de plus leurré l’électeur ? Ou sommes-nous clairement tributaires d’un nationalisme grandissant et irrévocable au nord du pays ? La population ne devrait-elle pas être consultée ou, au moins, les élus de toutes les communes concernées ? Je vais d’ailleurs prendre personnellement l’initiative de contacter tous les élus francophones de la périphérie pour savoir ce qu’ils pensent de la situation actuelle et s’ils sont d’accord de se faire entendre, ensemble, auprès des présidents de partis francophones.

On ne parle pour l’instant que de concessions francophones. Que concèdent De Wever et ses amis ? Il faudra probablement, à un moment donné, oser parler d’un plan B plutôt que de tout concéder dans un plan A et par après devoir constater que tout a été mis en place pour que le plan B soit malgré tout inévitable.

Pour rappel, la stratégie de Bart De Wever durant la campagne électorale était claire :

1. d’abord scinder BHV, et c’est déjà pour lui derrière le dos. Sans concession aucune. Ce qui bloque, entre autres, la négociation pour l’instant ;

2. faire de Bruxelles une ville (située en Flandre) et non plus une région, sauf si elle est mise sous tutelle flamande ;

3. faire de la frontière linguistique une frontière d’Etat.

Penser que Bart De Wever ait changé d’avis depuis lors est un leurre et est une erreur tant politique que stratégique. Chaque fois qu’on est proche d’un accord, Bart De Wever trouve une autre revendication. Il porte seul la responsabilité de cet échec, mais, plus surprenant encore est la position du CD&V, plutôt fédéraliste, qui semble le suivre à 100%.

Que dire de la dernière proposition Di Rupo ?

- scission BHV contre quelques droits pour les six communes à facilité only ! Rien pour les francophones hors communes à facilités ;

- possibilité de vote pour les habitants des communes à facilités à BXL. Questions : durée dans le temps ? Démarche administrative pour droit d’inscription ? Un candidat d’une commune à facilités va-t-il pouvoir se présenter à BXL ? ;

- assouplir les circulaires Peeters & Co (c’est aussi un chèque en blanc ! Qui dit qu’une nouvelle circulaire de la Région flamande ne va pas venir pour confirmer la première ?) ;

- documents administratifs dans la langue de l’intéressé accordés pour six ans, plutôt qu’une demande systématique. C’est bien la preuve qu’à terme la Flandre envisage toujours la fin des facilités ! ;

- Les recours traités par une chambre bilingue du Conseil d’Etat - maigre avantage, si c’en est un réellement

- La communauté urbaine est un leurre. Un élargissement est une réalité (favorable au financement de la région BXL) ;

- Une solution pour la nomination des bourgmestres de la périphérie, mais laquelle et quand ? La nomination d’un élu au poste de bourgmestre est un droit démocratique, et la démocratie ne se négocie pas ! ;

En attendant, qu’en est-il de :

- l’élargissement de BXL cher aux présidents de partis FR et promis avant les élections ;

- convention cadre sur la protection des minorités ;

- demander ce que le peuple veut réellement, ce qui reste la base de travail dans un pays démocratique (consultation populaire) ;

- cette demande de l’argent frais pour BXL contre le droit des gens en périphérie ;

- la compétence de la communauté française en matière de soins de santé et d’activités socioculturelles et sportives sans oublier l’enseignement en périphérie ;

- l’interdiction d’inventer des circulaires qui interprètent les lois linguistiques élaborées au niveau fédéral ;

- des facilités bétonnées et re-bétonnées cinq fois dans la Constitution, contre marchandage des droits des francophones de la périphérie, toujours eux.

Je pense que nous avons définitivement déjà beaucoup trop concédé sans rien recevoir de concret. Nous aussi il nous faut des garanties, surtout pour BXL et sa grande périphérie. Nous sommes demandeurs de donner à Bruxelles sa véritable dimension. Demandons aux Bruxellois ce qu’ils veulent et, ensuite, négocions en mettant nous-mêmes nos recommandations

BDW disait hier sur Canvas que le front des Flamands était rompu par le SP.A de Mme Genez. Celui des francophones n’a plus jamais existé depuis le 13/06/2010. Mettons nos rancœurs de personnes ou de formations politiques francophones de côté et accordons-nous dans l’intérêt de tous les citoyens francophones, wallons, bruxellois et de la périphérie.

Nos propositions ne vont pas à l’encontre de la Flandre, elles laissent entrevoir une solution dans le droit et l’intérêt de tous ! Pourquoi BDW ne veut-il plus discuter qu’avec Di Rupo ? Madame "non" Milquet aurait-elle des revendications trop fortes pour sa bourgmestre de Rhode-St-Genèse ? Le PS n’a plus d’intérêt électoral en périphérie, par contre il a la main à BXL. Est-ce une raison suffisante pour laisser tomber le sort de 150 000 francophones en périphérie ? Il devrait comprendre que le sort des deux est étroitement lié. Il faut sortir BXL du carcan de la Flandre et renforcer le statut de cette région par son élargissement Accepter ce qu’il se passe maintenant, c’est accepter de prendre des coups de bâton sans mot dire, sous prétexte qu’il vaut mieux se faire battre par son mari plutôt que d’envisager un divorce à l’amiable.

Aurions-nous si peur, sommes nous aussi lâches ? Accepterons-nous de vendre 150 000 personnes dans la périphérie contre 500 000 000 d’euros pour la région bruxelloise ? Et quand l’argent ne sera plus ? Ne sera-ce pas au tour de BXL de se faire désosser, avant le reste du pays ?

C’est cette réflexion que nous devons avoir. Repartir d’une feuille blanche, et savoir ce que nous voulons encore réellement faire ensemble ! Croire qu’on va résoudre les soucis communautaires en deux mois alors qu’ils existent depuis un siècle, c’est croire qu’on va pouvoir faire tenir un bouquet de roses fleuries dans un vase pendant six mois sans qu’elles ne dépérissent !

Je fais donc un appel pressant à l’unité et l’union des francophones : laissons nos différends au placard et voyons comment contrer l’impérialisme de la NV-A, seul parti à ne pas vouloir avancer dans une réforme juste de l’Etat et acceptable pour tous les Belges, car ce parti ne veut pas (plus) écouter ses interlocuteurs. Tout ce qui est sur la table est largement défavorable aux francophones, beaucoup plus que ce qui était proposé en 2005, lorsque nous étions, MR-FDF compris, sur le point de trouver un compromis que le SPa "Spirit", ancienne branche de la Volksunie, a fait capoter.

Repartir en négociation maintenant, même sans la NV-A comme le proposait Bart De Wever hier soir dans l’émission "Panorama", serait une erreur magistrale, car 90% des revendications flamandes sont atteintes, les 10% restant seulement du coté francophone. Il est temps de faire ses comptes et de se poser les bonnes questions.

24 juin

(In)activité parlementaire

Depuis un an, soit depuis les élections régionales de juin 2009, le Parlement bruxellois s'est réuni... 17 fois dont 4 séances purement protocolaires, deux séances dédiées aux déclarations gouvernementales et une séance obligatoire pour voter le budget. Depuis le 23 avril 2010, plus aucun débat de fond n'a lieu, les séances durant parfois moins de deux heures, le temps de poser quelques questions d'actualité. Sur un an, trois ordonnances ont été votées.

C'est totalement inacceptable. Si le Parlement travaille si peu, c'est parce que le Gouvernement ne fait pas grand-chose (depuis 2006, 18 ordonnances votée au Parlement ne sont toujours pas en vigueur!). Cette inactivité est dangereuse pour Bruxelles à l'heure où certains remettent en cause l'existence de notre Région. Alors je dis à l'équipe Picqué : "Debout les gars réveillez-vous!".

 Ce parlement ronronne, à lire dans la Libre du jour.    

19 mai

Affligeant

Franchement, j'ai dû relire trois fois l'interview de Jean-Michel Javaux (patron d'Ecolo) dans la DH pour être certain que je n'avais pas la berlue... Rarement on est tombé si bas. Si vous n'avez pas le courage de cliquer sur l'annexe, je vous résume le contenu:

1.       Il préfère les caleçon aux slips (intéressant)

2.       Il est poilu (ah bon ?)

3.       Il se met en pyjama dès que possible, même s’il est 16h

4.       Il est fan de potin

5.       Il mange 1 hamburger, 1 fricadelle, 1 viandelle et un paquet de frites 1 à 2 fois par semaines (bio la fricadelle ?)

6.       Il ne fait pas l’amour que pour procréer et après 20 ans de vie commune il n’a toujours pas besoin de "trucs exotiques" (incontestablement la déclaration politique la plus percutante de ces 10 dernières années...)

        7.     Il a fumé du cannabis

Bref, un condensé de choses particulièrement intéressantes. Un politique n'est jamais obligé de répondre à ce genre de question. Personnellement, je ne parle jamais de ma vie privée et j'ai encore récemment refusé de me faire photographier par Paris-Match dans mon intérieur. Si les politiques ne font plus aucune distinction entre vie publique et vie privée, ce métier va devenir insupportable... J'avais déjà trouvé déplacé l'interview du même Javaux dans le Soir où il étalait sa foi chrétienne sur deux pages (à nouveau, cela relève de la vie privée). Mais là, toutes les limites ont été franchies.

La loi de sortie du nucléaire? BHV? Les pensions? La mobilité?... au fait, il en pense quoi Jean-Michel?

15 mars

Triste départ

Comme beaucoup, la disparition de Jean Ferrat m'attriste. Un grand Monsieur de la chanson française est encore parti...

13 mars

L'égalité homme femme

Je suis intervenu au Parlement cette semaine sur le thème de l'égalité entre les hommes et les femmes en insistant sur les dangers d'une recléricalisation de la société dont nous vivons les effets ces dernières années. Vous pouvez lire le texte de mon intervention en cliquant sur l'annexe...  

18 décembre

La dernière utopie

Une utopie se meurt: l'universalisme.

Je vous conseille vivement le lecture du dernier ouvrage de Caroline Fourest. Une analyse claire, précise, argumentée des menaces qui pèsent aujourd'hui sur les valeurs universelles. J'ai dévoré ce bouquin et souscrit à l'ensemble de l'analyse... 

10 septembre

On prend les mêmes et on recommence les mêmes bêtises

Vraiment, entendre Brigitte Grouwels, nouvelle Ministre de la mobilité, annoncer qu'elle veut repeindre les véhicules de la Stib alors que le Gouvernement précendent (merci Pascal Smet) où elle siégeait avait déjà changé les couleurs des trams et des bus il y a quelques années, c'est déprimant... Comme si il n'y avait pas d'autres défis pour la mobilité à Bruxelles que changer tous les 5 ans la couleur des trams et des bus...  Pfff

13 juillet

Durable

Durable: voilà visiblement le mot-clé des déclarations gouvernementales...

"Rien n'est plus durable qu'un programme gouvernemental temporaire". Une déclaration de Javaux? Di Rupo? Milquet?... Et bien non, c'est l'économiste américain aux théories ultralibérales contestées Milton Friedman qui est l'auteur de cette déclaration...

Comme quoi, l'impact des mots peut toujours être relativisé...

27 mai

Décalé...

Un ancien collaborateur a pris l'initiative de ce petit montage sur base d'images d'archives... Décalé à souhait! Je vous l'avoue, ça m'a fait bien rire même si la politique reste quelque chose de sérieux.

Mais un peu d'humour et d'autodérision font toujours du bien dans une campagne...

Regardez la vidéo ci-dessous, ou cliquez ici (youtube) ou ici (facebook)

A vous de juger!  

 

15 mai

Lettre à Bruxelles

A l'occasion des 20 ans de la Région bruxelloise, j'ai rédigé une lettre à ma Région de coeur pour qu'elle ne perde pas le sien (cliquez sur l'annexe)...

13 mai

Chantiers verbalisés

Depuis de longs mois, le centre d’Auderghem est un chantier permanent. En cause? La réalisation simultanée de trois chantiers régionaux: le tram 94, la passerelle de la promenade verte et le réaménagement de l’avenue Demey. L’occasion de pointer à nouveau les dysfonctionnements régionaux :

1. Sur les voiries régionales (les grands axes), la Région se délivre à elle-même les permis ce qui créé un sentiment d’impunité totale.

2. Il n’existe pas de coordination et de gestion de la planification des travaux au niveau régional.

3. Il n’existe pas de système efficace de contrôle des chantiers régionaux (4 contrôleurs pour plus de 3.000 chantiers).

 

La commune a adopté un règlement chantier en 2007 (unique en Région bruxelloise) qui impose d’obtenir une autorisation communale préalable pour réaliser des travaux en voirie. Quand les conditions ne sont pas respectées, la commune verbalise. Quand nous dressons PV, les problèmes sont souvent vite résolus. Mais certains dégâts sont irréparables et il est regrettable de devoir en arriver là. La meilleure solution serait que la Région coordonne enfin ses chantiers, mais pour l’instant on assiste à une gestion cacophonique. 

 

A ce jour, une cinquantaine d’amendes ont déjà été infligées. Le comble, c’est que la Région refuse de payer des amendes et va même jusqu’à les contester au tribunal. Ce qui est paradoxal puisque, comme pouvoir de tutelle, la Région a validé notre règlement. Aujourd’hui, elle refuse le principe même d’être contrôlée lorsqu’elle réalise des travaux sans respecter les règles. Dernier exemple en date ? La Région vient d’abattre, sans permis, des arbres sur le boulevard du Souverain. Pourquoi ne devrait-elle pas être sanctionnée pour cette infraction alors qu’un particulier qui se livrerait au même délit recevrait un P.-V. dans l’heure qui suit l’infraction ?

 

Lire l'article du Soir en cliquant sur l'annexe

 

 

11 mai

Pas d'apartheid à Bruxelles !

En 2008, j'ai publié une Carte blanche dans le Soir intitulée Bruxelles: un risque d'apartheid? Objectif: dénoncer les risques de voir s'instaurer, à Bruxelles, des mécanismes créant des sous-nationalités (cliquer sur l'annexe). Je disais en substance ceci: transférer certaines compétences aux Communautés consiste, à Bruxelles, à créer des droits différents sur un même territoire. Je donnais l'exemple des allocations familiales où, sur le même palier d'immeuble, une famille de même statut recevrait mensuellement d'avantage d'allocations qu'une autre en fonction de son appartenance linguistique. Le cd&V, en proposant ce week-end de transférer aux Communautés la compétence des allocations familiales, veut créer à Bruxelles la sous-nationalité. Exactement comme la N-VA qui, fin avril, prône l'instauration d'un recensement linguistique à Bruxelles pour que la Flandre puisse donner davantage de droits aux Bruxellois néerlandophones. Ces propositions sont honteuses. Et personne dans la classe politique ne semble s'indigner alors qu'on veut introduire des mécanisme d'apartheid à Bruxelles. Un cancer pour notre Région. Même la presse ne prend pas la peine de condamner cette dérive...  

3 avril

Gianmaria Testa au Flagey

J'ai été écouter Gianmaria Testa au Flagey hier dans la grande salle du studio 4. Concert magnifique de ce chanteur à la voix rauque comme celle de Paolo Conte, aux mélodies qui m'ont parfois fait penser à celles de Dylan ou de Cohen (que j'ai vu à Forest National il y a  quelques mois). Chanteur très engagé, Gianmaria Testa utilise son talent d'écriture pour nous interpeller sur des problèmes très actuels comme l'exil et le déracinement. Dommage qu'Amélie Turtelboom, Ministre de l'immigration, n'était pas dans la salle...

 

 Ah, si toutes mes soirées pouvaient être comme celle d'hier !

30 mars

Le Bar du Matin

Ce week-end, pour fêter un anniversaire, je suis allé au bar du matin, chaussée d'Alsemberg. Je ne fais certainement pas partie du profil type de la clientèle mais j'y ai passé un excellent moment! En été, l'énorme terrasse donnant sur la place Albert doit être des plus agréables... Seul bémol : trop enfumé. Mais je suppose que, comme ailleurs, on finira par interdire de fumer à l'intérieur...  

23 mars

Carnaval dans les rues d'Auderghem

Ce week-end, à Auderghem, c'était le carnaval. Une grande réussite. Plus de photos grâce à Sophie Devos, conseillère communale.

5 mars

Enfin un projet de vie bruxellois?

Depuis la création de la Région bruxelloise , l’essentiel des préoccupations politiques a consisté à  changer la ville. Par respect des compétences réparties institutionnellement entre pouvoirs communautaires (la santé, la culture, l'aide aux personnes...) et régional (logement, aménagement du territoire, rénovation urbaine, mobilité, environnement…), les politiques bruxellois ont dissocié leurs actions : aux uns la ville, aux autres les personnes ! Après avoir développé souvent avec succès les politiques régionales, il convient d'axer davantage l'actionj politique autour de l'individu.  C’est la condition première d’une cohésion sociale réussie. Pour réussir un vrai projet de ville, on ne peut donc plus se satisfaire du subtil découpage des responsabilités, fruit de nos diverses tergiversations institutionnelles. Et puisqu’il existe, aujourd’hui, dans les grandes lignes, un large consensus sur les choix de politiques régionales, il est temps de travailler à la rencontre de la ville et de ses habitants pour qu’émerge enfin un projet de vie bruxellois. Plutôt que de s'occuper de Bruxelles, il faut s'occuper des Bruxellois!

13 février

Institutions rigides, complexes et en danger

Nos institutions bruxelloises sont complexes et rigides. Elles sont souvent un frein à de nouvelles politiques. Elles sont quelque fois, pour les responsables de tous bords, l’alibi facile pour écarter le problème et botter en touche. Agissant ainsi, ils se retranchent dans leurs fausses certitudes et se réfugient dans le champ strict des compétences dévolues à la Région. Enfermer la ville dans les tiroirs institutionnels risque de l’étouffer. Bruxelles n’est pas faite que de pierres, de parcs, de réseaux de communication. C’est d’abord une ville de chair et de sang, peuplée d’un million d’habitants. Et aujourd’hui, elle souffre car plus qu'ailleurs trop de gens, trop de jeunes, y vivent des situations de déshérence sans espoir de changement. 

 

La place de Bruxelles dans l’architecture institutionnelle belge future n’est hélas pas pérenne. D’aucuns rêvent d’un confédéralisme à deux qui mettrait Bruxelles sous tutelle. Le fait est que déjà aujourd’hui les relations entre communautés linguistiques sont fragilisées par l’organisation communautaire de notre société suite à la réforme institutionnelle de 1980. Accentuer le poids des Communautés par de nouveaux transferts de compétences, comme le souhaitent certains partis nationalistes, c’est compromettre le développement harmonieux et pacifié de Bruxelles car c’est faire prédominer le caractère communautaire sur le fait régional bruxellois. C’est enfin et surtout consacrer au sein d’une même Région et sur un même territoire, l’émergence de sous nationalités fondées sur l’appartenance linguistique. Stupéfiant ! Dangereux pour la pacification des esprits. Bref une menace pour la démocratie.